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Interview Ève Petry La voix d'Entre-D'eux, tribute Céline Dion

Sur scène, elle est la voix d'Entre-D'eux. Dans la vie, elle est maman, accompagnante d'élèves en situation de handicap, et elle chante depuis l'âge de 4 ans. Ève Petry raconte ses débuts, son lien avec l'album D'Eux, les coulisses du spectacle et les soirs où le public l'émeut.

Interview réalisée en septembre 2026

Ève Petry, chanteuse d'Entre-D'eux, en veste verte et pantalon blanc
Photo : C. Geff.

Les débuts

On raconte que tu montais déjà sur scène à 4 ans. Quel est ton tout premier souvenir de chant ?

En effet, ma première « scène », de souvenir, fut lors d'un spectacle de fin de vacances dans un centre aéré, à l'âge de 4 ans.

Avec ma sœur et ma cousine, nous avions interprété Les Comédiens de Charles Aznavour, à plusieurs voix.

Qui t'a transmis le goût de la musique quand tu étais petite ?

C'est grâce à mon papi que j'ai mis les pieds dans la musique : il jouait un peu de synthé de temps en temps et m'a permis de prendre mes premiers cours de piano étant enfant.

J'étais également inscrite à la chorale de l'école, avec un professeur exceptionnel qui a marqué mon esprit.

Tu as appris le chant avec des cours, ou plutôt seule, à l'oreille ?

Je n'ai pas pris de cours, non : j'ai appris le chant à force d'expérience et de pratique. J'ai acquis la technique vocale que mes différentes formations m'ont imposée au fil du temps.

Raconte-nous l'aventure Sorbet Citron, le duo que tu formes avec Grégory. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Le duo Sorbet Citron est né il y a 8 ans maintenant. Je connaissais Grégory parce que nous fréquentions le même collège à l'époque et parce que nous vivons dans la même ville.

Il m'a proposé de m'accompagner à la guitare, ce que j'ai accepté. Aujourd'hui nous formons un duo très complice, de reprises françaises et anglophones, à deux guitares et percussions, et nous donnons des dizaines de concerts dans l'année, ainsi que lors de soirées privées.

Je n'ai jamais cherché à imiter Céline Dion vocalement.
Ève Petry

Ève et Céline

Quel est ton tout premier souvenir de Céline Dion ?

Mon tout premier souvenir de Céline Dion, c'est l'album D'Eux de Jean-Jacques Goldman.

Je l'ai chanté en boucle pendant des heures dans ma chambre quand j'avais aux alentours de 16 ans. Il m'a permis d'affirmer un peu plus ma voix déjà très certainement.

Qu'est-ce qui te touche le plus chez elle, comme chanteuse et comme femme ?

Ce qui me touche le plus chez elle, c'est son humilité.

J'admire son perfectionnisme, sa rigueur, sa technique hors pair évidemment, mais aussi son accessibilité et sa spontanéité. Elle n'essaie pas d'être quelqu'un d'autre ou d'entrer dans un moule. Elle a su rester elle-même, et ce malgré l'immense notoriété qu'on lui connaît.

Comment tu chantes Céline sans l'imiter ? Où est la part d'Ève dans le spectacle ?

Je n'ai jamais cherché à imiter Céline Dion vocalement. Je n'ai pas son timbre, ni sa technique, et ce n'est pas ce que je veux transmettre au public.

Je veux simplement partager ses chansons avec lui, le plus fidèlement possible. C'est pourquoi je m'attache au maximum à reproduire ses phrasés, ses nuances, son émotion... mais pas à l'imiter. La part de moi-même en reste donc totalement intacte, dans mon interprétation et l'échange que j'ai avec le public.

Quelle est la chanson la plus difficile à chanter du spectacle ?

La chanson la plus difficile à chanter, c'est, je pense, sans surprise, All by myself. Les gens m'attendent au tournant, sur LA fameuse note, et je n'ai pas envie de les décevoir. Je peux encore m'améliorer et je compte bien faire les efforts nécessaires.

Céline Dion est de retour sur scène. Qu'est-ce que ça te fait ?

Le fait que Céline soit « de retour » n'influe en rien sur mes projets par rapport au tribute. L'un n'empêche pas l'autre : il y a un public qui peut se permettre d'aller voir Céline Dion, et tous les autres apprécieront de partager ses chansons avec nous.

Je suis bien sûr ravie pour elle, qu'elle ait suffisamment repris de forces pour retrouver la scène et son public.

Sans l'album D'Eux, il n'en aurait jamais été question.
Ève Petry

L'aventure Entre-D'euxL'aventure
Entre-D'eux

Comment est née l'idée du spectacle ? Et pourquoi l'album « D'Eux » en particulier ?

Le projet est né au départ de l'idée de reprendre ses chansons dans une formule piano-voix avec Anthony Da Silva, chanteur du tribute Johnny Hallyday Phoenix 66 et ex-claviériste du groupe.

Sans l'album D'Eux, il n'en aurait jamais été question. Comme je l'ai dit précédemment, je le chantais en boucle quand j'étais adolescente.

Puis c'est Anthony qui, fort de son expérience, m'a finalement encouragée à faire les choses « en grand ». J'ai donc commencé à chercher une équipe de musiciens, et nous avons eu l'immense chance, suite à notre première représentation, d'intégrer la maison de production Nemrod Production, dont faisait déjà partie Anthony avec son tribute.

Pourquoi ce nom, Entre-D'eux ?

Pour le nom du groupe, je cherchais à faire un clin d'œil à ce fameux album D'Eux, qui a marqué le point de départ de cette belle aventure.

De plus, Céline Dion avait dû interrompre sa carrière et nous ne savions pas quand elle allait revenir, d'où cette référence également à ce terme « entre-deux ».

Présente-nous les musiciens qui t'entourent sur scène.

Sont à mes côtés sur scène :

Grégory Paradisi, basse d'Entre-D'eux
Basse Grégory Paradisi Mon binôme avec Sorbet Citron, et grand fan de Jean-Jacques Goldman : quand je lui ai proposé d'intégrer le projet, ce fut un immense oui.
Michael Deparis, batterie d'Entre-D'eux
Batterie Michael Deparis Alias Mickus, que je connaissais depuis quelques années de par mes autres formations musicales.
Paul Gervreau, clavier d'Entre-D'eux
Clavier Paul Gervreau Un jeune virtuose très prometteur.
Gabriel Palmieri, guitares d'Entre-D'eux
Guitares Gabriel Palmieri Il a un jeu exceptionnel !

Te souviens-tu du tout premier concert, à Ban-de-Laveline fin 2024 ? Qu'est-ce que tu ressentais juste avant de monter sur scène ?

Bien sûr que je me souviens de mon premier concert à Ban-de-Laveline. La pression était immense : il ne s'agissait plus, comme avec mes autres groupes, d'animer simplement une soirée. Les gens étaient venus spécialement pour nous écouter, ils avaient payé leur entrée. On espère ne pas les décevoir, leur faire passer une soirée magique.

La salle était comble et l'accueil que nous avons reçu, des plus chaleureux et encourageants. Ça nous a portés pour la suite.

Les vidéos du spectacle ont fait des millions de vues sur les réseaux. Comment as-tu vécu le moment où tout s'est emballé ?

Le succès de nos réels sur les réseaux m'a énormément surprise, mais aussi rassurée. Grâce à ce retour, je me sens légitime et ça m'a permis de gagner en confiance pour la suite.

Pour autant rien n'est acquis et, malgré cet engouement virtuel et tous les retours positifs que nous avons eus sur scène, je cherche à m'améliorer à chaque concert, à me renouveler ou à innover en donnant toujours le meilleur de moi-même. Je me dois de progresser sans cesse pour être à la hauteur.

La Rotonde, quand tout le public s'est subitement levé en bloc pour danser sur J'irai où tu iras : magique !
Ève Petry

Sur scène

Ton plus beau souvenir de concert, celui que tu n'oublieras jamais ?

Je n'ai pas un souvenir en particulier qui m'a marquée sur scène, il y en a eu plusieurs.

La Rotonde, quand tout le public s'est subitement levé en bloc pour danser sur J'irai où tu iras : magique ! Lyon, où la foule nous a rejoints à l'unisson sur S'il suffisait d'aimer.

Je pense aussi aux après-concerts, qui nous réservent de magnifiques moments d'échanges, avec les séances photos, les nombreuses accolades et les retours pleins de reconnaissance.

Un moment d'émotion avec le public qui t'a marquée ?

Je repense au plus récent : nous entamions à peine le deuxième morceau du concert, c'était la chanson Encore un soir, et là, mon regard croise celui d'une dame que je vois pleurer. Cela m'a tellement émue que j'en ai perdu quelques mots de la chanson avant de parvenir à me reprendre.

Ce soir-là, j'ai assisté à un autre moment magnifique : une personne était en fauteuil roulant, accompagnée de deux autres, et sur un morceau festif je l'ai vue debout, soutenue par ses deux accompagnateurs. Ça m'a énormément touchée.

S'il est impossible de chanter quand on a un fou rire, et ça m'arrive souvent avec mon duo Sorbet Citron, ça l'est tout autant quand les larmes nous gagnent. Mais quel bonheur et quelle satisfaction d'avoir transmis de l'émotion au public !

Une anecdote de coulisses : un imprévu, un fou rire, une galère ?

J'ai bien une anecdote qui concerne Greg, le bassiste du groupe. Sur tout un concert, on s'est rendu compte qu'il avait les lèvres gris foncé, comme s'il s'était mis du rouge à lèvres.

Je lui ai même dit à la fin du concert : « Greg, faut pas que t'oublies de respirer quand tu joues, t'as les lèvres toutes bleues. » On n'a jamais compris d'où ça venait, jusqu'au jour où l'ingé-son nous a appris qu'il repeignait ses boules de micro à la bombe.

As-tu un rituel avant de monter sur scène ?

Avant de monter sur scène, je m'octroie un certain temps de préparation pour me coiffer, me maquiller et m'habiller. À partir de ce moment-là, je ne rejoins plus le reste du groupe jusqu'à l'entrée en scène. Ce temps me permet de me recentrer et de me concentrer... mais aussi de stresser.

Alors je fais systématiquement un exercice respiratoire pendant 5 minutes via l'application Respirelax, pour mieux gérer mon stress et le trac.

En dehors de la scèneEn dehors
de la scène

Qui es-tu quand tu n'es pas en concert ?

Quand je ne suis pas en concert, je suis maman de deux enfants, en garde alternée. C'est pas rien ! D'ailleurs, je suis contente qu'ils soient aujourd'hui quasi autonomes, parce que je peux ainsi parcourir toute la France avec le tribute sans trop de contraintes.

Sinon, je suis AESH depuis 20 ans dans l'Éducation nationale, ce qui signifie accompagnante d'élèves en situation de handicap. Plus qu'un métier, c'est une réelle vocation. J'ai la chance de pouvoir vivre de ces deux professions passion.

Tu vis à Gérardmer. Qu'est-ce que les Vosges t'apportent ?

Gérardmer est vraiment une ville où il fait bon vivre. Elle est à la fois tranquille et animée, cela dépend des périodes. C'est une chance de vivre dans un cadre aussi magnifique, avec ce lac et ces montagnes... on s'y sent toujours un peu comme en vacances.

En quelques mots

Céline en un mot

Irremplaçable, inégalable

Une chanson, hors Céline, qui te donne des frissons

Mon dernier coup de cœur : Come Join the Murder, de The White Buffalo & The Forest Rangers

Si tu n'étais pas chanteuse, tu serais...

Je ne sais pas... je suis chanteuse... la question ne se pose pas.

Son message à ceux qui ne sont jamais venus

Si vous aimez les chansons de Céline Dion, de Jean-Jacques Goldman et bien d'autres... si vous voulez les chanter avec moi, avec nous...

Si vous voulez vous évader le temps d'une soirée, vibrer, partager, danser...

N'hésitez pas à nous retrouver en concert !

Ève Petry